Etape 4 : Marathon 2 - 1ère Journée

Publié le par Jean MADESKY

Etape 4 : Marathon 2 - 1ère Journée

Quand la nuit glaciale a enfin laissé place au timide soleil, il me tardait de découvrir, enfin, le premier classement de ce Students Challenge 2015.
Cette année, il y a deux catégories.
Les étudiants, bien entendu.
Et les mixtes.
Voici donc, sans plus tarder, le bilan à aujourd’hui.

Catégorie étudiants :

Laura Vittot et Dimitri Cetindag, équipage 186
• Alois Zuppinger et Alexandre Bailly, équipage 127
• Sylvain Deschamps et Romain Blard, équipag
e 150





Catégorie mixtes :

Laurent Fourcher et Eric Gacon, équipage 121
• Christelle Egreteau et Marie Hélène Gaudin Damy, équipage 157
• Serge Neuville et Pierrick Guibert, équipag
e 111





Nous verrons très vite comment ce classement évoluera mais je devine déjà que les compétiteurs vont se tenir la dragée haute.
Quand j’ai découvert que deux anciens concurrents, Pierrick et Serge, de l’équipage 111 (Serge NEUVILLE - 63 / Pierrick GUIBERT - 33), avaient décidé de devenir partenaires cette année, je ne m’attendais pas à ce que ce soit deux fortes personnalités comme eux. Bons vivants et trublions en chef, Pierrick et Serge forment pourtant une belle équipe.
Je ne suis donc pas surpris de les voir figurer en bonne position du classement.
Le brief de la journée va commencer et il ne s’agit pas de le rater car c’est celui de l’étape marathon. Une étape qui se déroule sur deux jours avec un point de chute nocturne sans autre commodité que la tente et les étoiles. Chaque année, une occasion spectaculaire d’aventure et de joie de vivre.
Ludo recommande donc de bien veiller au plein d’essence et à l’approvisionnement en eau.
Mais impossible d’ouvrir cette journée sans avoir souhaité une bon anniversaire à Marine de l’équipage 104 (Marine LUET - 44) et Emilien de l’équipage 115 (Émilien GIMONET - ITII CHAMPAGNE-ARDENNES, 51).




Nous traverserons la ville de Rissani avant de nous arrêter, dans 3 bonnes heures, au point de départ.
Il recommande donc de ne pas rater le souk du dimanche qui est un concentré d’authenticité marocaine incomparable.
Avant que chaque équipage ne se mette au volant, Ludo prodigue une dernière recommandation :
« Attention, les paysages vont être grandioses aujourd’hui !»
Chaque équipage avisé, il est temps de prendre la route.
Ce que les teams vont découvrir à Rissani est très largement à la hauteur des propos de Ludo.
Cosmopolite, coloré, parfumé. Tout, ici, est dépaysement foudroyant. C’est animé, paisible et très fréquenté. Incroyablement « local ».



Du pur sucre dans cette région où le miel ne se trouve pas seulement dans les pâtisseries mais aussi dans l’air ambiant.
Après quelques achats de produits locaux âprement marchandés par les équipes, nous quittons l’agglomération. Direction la ligne de départ de cette étape marathon.
Chaque équipage est paré et la spéciale du jour s’entame dans un décor de western sec et vallonné.
Il fait maintenant bien chaud.
Le paysage est très impressionnant. Des canyons lointains surplombent des plaines parsemées d’acacias et de massifs de fleurs printanière jaunes, rendant un coté bucolique magnifique à cette étape qui commence.



On pourrait presque imaginer une tribu chevauchante de sioux surgir du sommet des crêtes.
Pas étonnant que le grand sud marocain soit un lieu de prédilection pour les réalisateurs du monde entier.
Les équipages filent au gré de ce lumineux contexte et on distingue désormais les groupes de progression qui se sont formés à ce stade de la course.
Nous passons un premier point de passage sans difficulté, situé au pied d’un douar (sorte de hameau).
Là, les équipages prennent leur cap afin de ne pas prendre la mauvaise des quelques pistes qui se proposent à eux.



Puis ils poursuivent le parcours en longeant une grande palmeraie.
Nous avançons vers le check point n°3 où nous pensons attendre les concurrents.
Le paysage est un des plus beaux que j’aie vu de ma vie et les yeux écarquillés des raiders, conduisant et observant parait un gage d’adhésion totale.
Les groupes sinuent sur ces pistes claires et dégagées en prenant grand soin de bien négocier les nombreuses ornières qui strient leur parcours. Ca monte, ça descend, ça monte… Un joli parcours de montagnes russes.
Au check point 3, nombre d’équipages est passé. La course bat donc son plein et beaucoup jouent la carte de l’efficacité.
Nous décidons donc de mettre plein gaz et de rejoindre le check point n°4 afin de rattraper la tête de course.
Nous doublons nombre d’équipages et j’aperçois Henry et Jeremy, équipage 144 (Henri SCHOTT / Jérémy BOUVARD - IUT GMP BESANCON, 25).
Leurs réactions sont dithyrambiques sur les paysages et la variété des paysages traversés. Leur auguste 205, initialement rouge, a épousé un beige de poussière profond attestant de leur acharnement sur la piste.



Je les laisse repartir rapidement afin de ne pas leur faire perdre du temps sur le road book.
Les paysages continuent de s’enchainer et nos concurrents forment, sur ces immensités, comme des petits points de suspension.
Pour gagner la fin de la course du jour, il faut passer le dernier CP, aux abords duquel nous arrivons.
Sur notre carnet de route, il figure au titre de noir, les plus difficiles à passer.
Cependant, de nouveau sur cette étape, les précipitations de ces derniers jours ont raffermi le sol et chacun traverse sans la moindre anicroche.
C’est un soulagement pour les équipages qui valident leur dernier point de passage avec brio.
Et ce n’est pas aujourd’hui que nous chanterons « à l’oued, à l’oued, je te plumerai » même si « pelle pelle pelle comme le jour » aurait aussi fait l’affaire.
Puis vient la ligne d’arrivée et son espace de soulagement.



Encore que…
Car l’organisation, jamais à court de facéties, a réservé aux concurrents une bien étrange dernière épreuve, statique, en cette fin de première journée de l’étape marathon.
En effet, quelques assiettes d’insectes grillés attendent nos aventuriers du désert.
Un tirage au sort détermine quel insecte sera mangé par chacun des membres d’un team.
Attention ! Refuser engendrera une pénalité de 10 points par membre d’équipage. Soit 20 points gagnés si le duo affronte cette nouvelle gastronomie…
Alors, qui des sauterelles, des vers de palmiers ou des chenilles ? Ou bien qui des criquets ou des vers géants Morio seront savourés par chacun ?
Qu’à cela ne tienne, la presque totalité des équipages se prête au jeu, avec une bonne volonté saisissante, trouvant même le met fade.
Ce sont des guerriers, ils le prouvent une fois encore.







Ce défi ultime parachève l’ambiance bon enfant qui règne. On joue au foot, on écoute de la techno, on en profite pour se faire un en cas, on discute sous le soleil déclinant qui a déjà tanné bien des visages.
Puis un convoi tonitruant se dirige vers le lieu de bivouac, à 200 mètres de là.
On installe les tentes en cercles coordonnés, on prépare les brasiers futurs, on déploie les sièges et on étend les nattes sur le sable. Des réchauds sont extirpés des coffres pendant que des spécialités gastronomiques commencent à se partager entre équipages.


J’aperçois Nathalie Galy, équipage 126 ( Nathalie GALLY - 33), dont c’est la première fois au Maroc et qui, à Meknès déjà, était saisie par la gentillesse des marocains. Nathalie fait équipe avec Jacques, son mari.
Mais là ne s’arrête pas la jolie histoire puisqu’ils font route avec l’équipage 124 composé de Julie Guibert et… Julien Galy, leur propre fils.
Une ballade familiale hors norme en Afrique.
Je jette, au passage, un œil attendri sur la vénérable Simca 1100 de Solène Charavil et Aurélien Bruyère, équipage118, forts satisfaits du comportement de leur transporteur. Il faut dire que Aurélien n’en est pas à sa première aventure de raid dans ce coin du monde.
Pendant que je discutais, une photo de groupe géante s’est organisée au sommet d’une dune et les olas fusent.




Rapidement, le bivouac est stabilisé et sa vie commence à se déployer. Des chemins sont aménagés pour que les uns puissent rencontrer les autres.
Dans quelques minutes, le soleil leur souhaitera une belle nuit et les confiera à la bienfaisante lueur blafarde de la lune.
Ce qui se passe dans le désert, dit on, reste dans le désert.
Nous refermerons donc le rideau de cette journée sur les secrets d’alcôve qui seront échangés à la lueur chaleureuse des feux de camp.
Un peu plus bas, l’organisation veille.

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