Traversée de l'Espagne - Arrivée au Maroc

Publié le par Avi-Team179

Traversée de l'Espagne - Arrivée au Maroc

JOUR 1 : première journée sur la route


Après un départ ensoleillé sur le Vieux Port de La Rochelle, à 14h tapante le moment tant attendu de prendre la route est enfin venu.
Direction : Tarifa !
Pour rejoindre le petit port du sud de l’Espagne, l’équipe du Students Challenge a envoyé aux équipages un premier « road book » afin, à la fois de ménager les mécaniques et de vivre cette première « étape » ensemble ; itinéraire que vont aussi suivre les véhicules de l’organisation. Un premier arrêt avant la frontière espagnole et un second à Cáceres au centre de l’Espagne - dont la vieille ville est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO - découperont ce long trajet. Les équipages arriveront à Tarifa mardi en fin d’après-midi et pourront prendre le bateau pour Tanger dès le lendemain matin.


Certains, comme l’équipage 111 (Serge NEUVILLE - 63 / Pierrick GUIBERT - 33) ont préféré se relayer pour rouler toute la nuit et arriver dès ce soir à Tarifa, dans l’idée de profiter de la beauté du sud espagnol, et de sa vue privilégiée sur le Maroc. Ils seront rejoints dans la soirée par l'équipage 135 (Samuel GAUTIER / Camille MAISONNEUVE, 44) et leur valeureuse 2CV, déjà présente à l’édition 2011 du Students Challenge ; ainsi que la paire #150 (Sylvain DESCHAMPS - UVSQ, 78 / Romain BLARD - SUP DE CO LA ROCHELLE, 17)/ #186 (Dimitri CETINDAG / Laura VITTOT - SUP DE CO LA ROCHELLE, 17) qui approche de Tarifa en cette soirée.

Victime d’un faux départ à La Rochelle, la Team 134 (Geoffrey MERET et Tony MOERS -ITII CHAMPAGNE ARDENNE, 51), ont dû attendre que le père du second descende de Paris avec le précieux embrayage de 4L pour enfin enclencher la première et se lancer tout schuss dans la descente de l’Espagne. Ce départ différé de quatre longues heures ne les a pas empêché de rallier St Jean de Luz en fin de soirée, rejoignant ainsi 5 autres teams pour partager la soiréeet faire connaissance, l’esprit enfin serein.



Pas manchots, nos deux pingouins rochelais, Pierre et Alexis #180 (Pierre MOREL - SUP DE CO LA ROCHELLE, 17 / Alexis LE GOFF - U.F.A. JEAN ROSE, 77), ont réussi à préserver la mécanique de leur rutilante 2CV rouge, afin de naviguer jusqu’à Caceres, comme la majorité des équipages de ce cru 2015. Parce que le Students Challenge, c’est aussi savoir s’adapter ; ils se sont joués de leur petit soucis de surchauffe en multipliant les pauses tout au long des monotones « autovia » espagnoles.



L’ambiance, le long de la route, est déjà bonne. Les équipages roulent en groupes de 4 ou 5 voitures et sont en contact permanent par Facebook, via le « Groupe Privé » crééspécialement pour eux par les organisateurs. Les photos circulent, les rendez-vous s’organisent et on sent déjà que cette année encore, les équipages seront soudés du début à la fin pour vivre, tous ensemble, cette expérience qui marque une vie.




JOUR 2 : la route jusqu'à Tarifa

« Il est 9 heure, tout le monde debout ! »
C’est qu’il reste encore un long chemin à parcourir pour gagner le Sud de l’Espagne avant la nuit. Pour la majorité des équipages, le but est de rejoindre le camping Valdevaqueros, à 10km de Tarifa pour être prêt, dès 7h30 demain, à prendre le bateau direction le Maroc, et sa porte d’entrée : Tanger.

Les anecdotes fleurissent au fil des conversations, comme pour l’équipage 104 (Anne BENOIT - UNIVERSITÉ DE MEDECINE, 44 / Marine LUET - 44), qui a,
le temps d’une soirée, découvert le luxe de la vie de château, par une rencontre hasardeuse avec une descendante d’une riche famille de la bourgeoisie moyenageuse.

Serge Neuville (Serge NEUVILLE - 63), déjà présent sur l’édition 2014, est vite repéré par les autres équipages : un véritable personnage, qui intrigue, fascine et amuse. Ce non-étudiant devient immédiatement la mascotte de la promotion 2015 et lance une soirée qui, malgré la météo peu clémente, s’annonce déjà mémorable.

Les douze coups de minuit sonnent. Une ambiance de nouvel an s’installe. Pourtant, nous sommes bien le 18 février. Valentine, équipage 117 (Valentine PLAËTTNER - STENDHAL GRENOBLE 3, 38), fête ses 22 ans. La soirée, jusqu’alors assez calme, devient une jolie fête : les « joyeux anniversaire » fusent, en français comme en espagnol ; les équipages présents entonnent des chansons à la gloire de cette année gagnée… Pour sûr, Valentine se souviendra longtemps de cet anniversaire fêté à Tarifa, aux portes du Maroc et d’une aventure hors du commun.



JOUR 3 : arrivée au... Maroc !

C’est à 17h30 que je suis arrivé à l’aéroport de Casablanca.
Comme chaque année, j’y attends l’état major de l’organisation du raid Students Challengequi arrive de Marseille.
L’idée est de filer ensemble sur Meknès afin de régler les derniers détails nécessaires à l’accueil des raiders et de leurs accompagnants. Ils arriveront demain vers le milieu de l’après midi.
Deux jours plus tôt, ils sont partis de La Rochelle puis ont traversé la péninsule ibérique.
Ludovic Taché, directeur sportif, Rémi Barbanceys, référant des équipages et ordonnateur du raid et Jérôme Zindy, chargé de la communication et des médias ont passé les portes du terminal à 19h30, radieux, leur habituel franc sourire accroché aux lèvres, l’œil pétillant, ouvrant, pour une édition supplémentaire, leur professionnalisme à la course qui se déroulera en terre marocaine dès le surlendemain.

Trois 4x4 nous attendent déjà sur l’immense parking de cet aéroport dernier cri.
Trois grosses bêtes qui nous permettront, adjointes à celles déjà présentes dans le sud et celles accolées au voyage des concurrents, de sillonner aisément les grandioses terres vallonnées que nous rencontrerons.
Nous prenons aussitôt la route vers notre pied à terre meknassi habituel, le grand hôtel Dalia, où nous arrivons trois heures plus tard.
Le temps de récupérer nos clés de chambres et nous plongeons tous dans les bras d’une Morphée qui ne semble attendre que ça.
Je vis et travaille au Maroc, où je suis reporter photographe, depuis plus de 10 ans.
Chaque année, c’est avec la même ferveur que j’accompagne, de mes récits et de mon enthousiasme, les éditions du Students Challenge.


Normal, on est toujours heureux de se retrouver en famille.
C’est à partir de Meknès, où ces lignes s’écrivent, que je prendrai le relai de Simon pour vous conter, jusqu’à destination, des aventures que je devine déjà époustouflantes et qui rythmeront ce défi fou que se sont fixé quelques cent navigateurs des horizons en quêtes de splendeur et de dépassement.
La nuit est courte et nos étirements matinaux accompagnent un lever de soleil timide.
Le vent souffle et les températures ne font que revigorer nos mines.
L’équipe mécanique et logistique nous attend déjà à la table du petit déjeuner et, sans plus tarder, nous échangeons sur le déroulement de cette journée qui verra notre motivation rencontrer celle de nos concurrents, pour la première fois en terre marocaine, histoire de sceller une nouvelle page de nos vies communes.
Il n’y a pas de temps à perdre.
Dans quelques heures, la folle équipée des studentistes et de leurs co-voyageurs (notre photographe Nicolas Jahan, mon alter ego de l’écriture Simon Tassus ainsi que Benoit Derrien, notre médecin, et Annick et Bernard, nos valeureux globe trotteurs de pilotes de presse) franchiront avec allégresse l’enceinte du Dalia.
Tout est minutieusement checké une fois de plus, à commencer par le camion mécanique que Christophe Agar maîtrise depuis de nombreuses années au service des uns et des autres et au gré des innombrables courses automobile dont il devenu un expert.

Rien n’est laissé au hasard dans l’organisation. Afin que le plaisir des uns et des autres soit au rendez-vous, la préparation est, systématiquement, acharnée et pointue.
On installe les winflags, on sticke les voitures « orga » afin qu’elles soient bien identifiables sur le parcours du raid. On flèche les différents endroits de l’hôtel pour que personne ne se perdre, on gère une dernière fois les chambres avec le sympathique personnel de l’hôtel. On contrôle, une fois de plus, les itinéraires et leurs pièges, les bivouacs et les points de passage. On organise le lieu où aura lieu, ce soir, le grand brief de début de course de Ludovic Taché.
Un brief qui nous retourne à tous, toujours, les émotions car il augure ce que nous sommes tous venus chercher ici : des moments volés au temps.
Pendant ce temps, on prend, une fois encore, des nouvelles des équipages arrivés la veille au soir au sud de l’Espagne et dont on pressent que la bonne humeur a jeté des étoiles supplémentaire dans la nuit flamenca. Bien sûr, il s’agit de savoir si l’embarquement depuis l’Andalousie jusqu’au Maroc se passe bien. Bien sûr, il s’agit de savoir si tout le monde va bien. L’attention de l’encadrement sur les uns et les autres est toujours sans faille.
Et on continue de s’activer. On décharge, on range, on entrepose, on classe, on envisage.
Et chacun sait déjà que le calme du grand hôtel et la radio qui égrene les derniers tubes locaux à la mode sera, d’ici très peu, remplacé par un tumultueux concert vocal d’un autre genre, joyeux et frénétique, où les coups de klaxon de la joie d’arriver, seront de dynamiques percussions.
Le vent s’était levé, des nuages blancs épais avaient investi le ciel. On percevait la clarté du soleil marocain d’hiver.

Cependant, il faisait bien frais quand, à 16h05, l’étincelante 2cv jaune et bleu de Camille et de Samuel, équipage 135 (Samuel GAUTIER / Camille MAISONNEUVE, 44), fut la première dont les roues foulèrent l’esplanade du Dalia. Gautier a déjà participé au raid et y a, cette saison, embarqué Camille dont la voix ne tarissait pas sur son premier contact avec le Maroc. Je tairai qu’ils ont pris une bretelle d’autoroute à l’envers mais qu’un policier très prévenant les a aidé à se sortir de ce mauvais pas, fort heureusement bénin après coup…
Ils furent très vite suivis par Laurent et Eric, équipage 121 (Laurent FOURCHER - 71 / Éric GACON - 71), au volant de leur auguste 4L. Laurent et Eric, cette année encore, ont décidé de reprendre la direction des terres marocaines.
C’est qu’on les connait bien sur le raid, ces deux là, d’âge aussi mur que le mien.
Nous avons bien ri en nous disant que les papys font de la résistance.
Je ne fus pas surpris de voir arriver, quelques encablures seulement après, Christelle et Marie Hélène, équipage 157 (Christelle EGRETEAU - 17 / Marie-Hélène GAUDIN DAMY - 17).
Je m’explique : déjà, l’an dernier, ces deux équipages étaient inséparables. Quoi de plus logique, donc, de renouer avec tous ces bons moments qu’ils avaient déjà tutoyé et qui leur manquaient vraisemblablement.
Mais il semble que tout se soit décidé au dernier moment car Christelle et Marie Hélène, au 10 janvier, n’avaient pris ni de décision sur leur éventuelle participation, ni même envisagé de reprendre contact avec leurs sponsors. Je salue leur pugnace efficacité qui nous donne à tous la joie de retrouver de vraies belles natures.
A peine le temps d’échanger et de savourer, ensemble, le traditionnel thé à la menthe, fleuron de l’accueil à la marocaine, que, déjà, les concurrents se pressent au grand portail pour, eux aussi, stationner leur monture et profiter un peu du repos du guerrier après ces centaines de kilomètres avalées.
Aussi, Alexis et Pierre, équipage 180 (Pierre MOREL - SUP DE CO LA ROCHELLE, 17 / Alexis LE GOFF - U.F.A. JEAN ROSE, 77), mettent ils botte à terre...
Partis les derniers, le matin même, laissant derrière eux le détroit de Gibraltar, les voilà arrivés dans les premiers. L’essence de nos chaleureux échanges me laissa un goût sucré. Peut- être parce qu’ils avaient déjà l’attitude des gagnants . Mais ça, ce sont les jours à venir qui nous le diront…
Une chose est sure, ce sont des battants.

C’est sur un sentiment de confiance mutuelle que nous nous séparons.
Arrive, en effet, caracolant, la voiture de l’équipage 131, habilement dirigée dans le parking par Matthieu et sa coéquipière Alexandra (Matthieu BENABOUCHE - UTBM, 90 / Alexandra MONET - LYCEE MME DE STAEL, 3).
Je vois donc celle que nombre d’entre nous attend ici : la première BMW de l’histoire du raid Students Challenge. La seule BMW de la compétition.
Alexandra, pleine d’humour, m’annonce tout de go que le climat de la journée lui rappelle son Auvergne natale.
Gageons que les jours à venir, avec leur lot de parcours s’enfonçant dans le sud du royaume, et la chaleur climatique grandissant, elle trouvera très vite cette puissante chaleur qu’elle est venue chercher. Pour le moment, avant de songer à la douche et au repos, il faut changer les 4 pneus de la respectable BMW.
Le jour déclinait quand le rythme des arrivées s’est accentué.
Le sillon des phares inscrivant des parallèles sur le sol donnait une vie incroyable à l’espace. On sortait des voitures. On en extirpait des ballots, des sacs, des chaussures et des objets divers. Chacun, en fonction de sa culture, en fonction de sa sensibilité, avait amené ici un petit peu de son espace de confort. Comme pour l’offrir à ce sublime pays hôte qui nous ouvrait ses portes avec grâce et générosité.
Le noir régnait dans les cohortes et il me fallait rentrer car je ne voyais plus ma main écrire ces mots que je vous livre.
Sur mon chemin vers les lueurs du lobby de l’hôtel, j’accostais Matthieu et Florian, équipage 108 (Matthieu LAMBERT - 84 / Florian DUC - 84)
, qui m’avouèrent avoir été frappés par les vendeurs ambulants de fraises sur le bord des routes et par ce charme authentique qui avait rythmé leurs premiers émois au Maroc.

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