Remise des prix à Ouarzazate

Publié le par Jean MADESKY

Remise des prix à Ouarzazate

Beaucoup de dj’s marocains pensent que Gilbert Montagné et Jeanne Mas sont des gages d’hystérie festive. Comme les américains qui ne peuvent pas s’empêcher, même dans les films actuels, de glisser une Citroën DS dans la circulation.
C’est vrai dans les mariages ou les communions de nos vertes contrées françaises ou belges.
Ca l’est un peu moins quand il s’agit d’une horde de jeunes adultes de 2015 en totale harmonie avec leur temps comme chaque génération l’est avec le sien.
Ca l’est un peu moins encore quand on arrive d’une étape marathon de deux jours.
Et ça s’estompe sérieusement quand la route à prendre le lendemain sinuera sur 200 km de lacets gorgés de points de vue spectaculaires, comme le sublime col du Tichka, entre Ouarzazate et Marrakech.
Du coup, après les entrechocs de quelques verres échangés et de bonnes parties de rigolade dans la discothèque de l’hôtel Hanane, la soirée s’est dissipée peu avant deux heures du matin.
La nuit s’est donc déroulée sous le signe de la trêve sauf pour quelques irréductibles compulsifs entrainés dont les yeux rieurs brillaient sous le soleil, ce matin.
C’est à 11 heures que nous devons être tous d’attaque pour la remise des prix.
Quelques centaines de mètres nous séparent du musée du cinéma qui sera l’écrin de ce dernier bijou du Students Challenge 2015. Nous partons donc à pied.
Chemin faisant, nous négligeons presque l’architecture somptuaire en pisé de la ville pour nous focaliser sur les sommets enneigés de l’Atlas lointain.
Qui nous replongent dans les premières heures épiques de cette promo 2015.
Si la montagne, ça vous gagne, l’Atlas, c’est la classe !
Si j’évoque Gladiateur. Ou bien Babel ? Ou bien Kingdom of Heaven. Ou… Astérix et Cléopâtre et Indigènes pour les plus récents.
Et si j’ajoute Laurence d’Arabie, Ben Hur ou Jésus de Nazareth,
Je sais que je vous attirerai définitivement où nous sommes.
Une des capitales mondiales du cinéma.



Et oui ! Encore une belle surprise du Maroc et un casting réussi de la part de l’orga.
Car tous ces films –et bien d’autres- ont été tournés ici, totalement ou partiellement.
Quoi de plus normal, donc, que nous réalisions cette remise des prix ici.
Clap de fin ?
Non !
Clap de départ. Pour dire, avec ferveur : « C’est bon les gars, c’est bon les filles, vous pouvez poursuivre vos vies maintenant. Appropriez les vous comme vous vous appropriâtes toutes ces aventures que vous avez brillement vécu ».
Mais revenez nous voir car vous allez nous manquer.
L’endroit choisi est un enchevêtrement de salles où sont conservés les décors de ces films et des autres.



C’est un plongeon dans l’antiquité et on se prend pour un pharaon, un mage, un roi de Perse, une vestale ou une mésopotamienne.
Ici, on a 4000 ans et pas une ride. Appréciable.
Et c’est juste démentiel d’y déambuler…
Le raiders affluent, visitent, flânent.
Les trophées, tous fabriqués par des artisans de Marrakech sont disposés sur l’autel des sacrifices où Ludo, Rémi et Simon officieront d’ici quelques instants.
Pour le moment, la formation electro- lounge The Avener apporte au temple romain en carton pâte où nous nous trouvons un contraste anachronique délicieux.
Tiens, ce serait un super endroit pour une soirée. A retenir.
Le micro s’impatiente depuis un moment quand Ludo ouvre la cérémonie.



Le raid 2015 a vu des particularités qui, c’est très probable, ne se représenteront pas d’aussi tôt.
Cette neige et ses excès.
Cet incroyable printemps précoce. Fleurs bleues à l’ubac. Jaunes à l’adret. A foison. En février…
Du jamais vu depuis 1982.
Il salue l’immense maturité du groupe face aux aléas rencontrés et se félicite que chacun puisse ramener dans ses maisons d’ailleurs, sur un autre continent, à quel point le Maroc est un pays protégé, loin des tumultes morbides qui accablent l’actualité.
Puis Rémi suscite une première ovation sans limite quand il assure que 2015 restera une promo exceptionnelle dans les annales du Students Challenge.
Il reprend la même fierté que Ludo sur les attitudes positives et volontaires de tous dans les épreuves traversées.
Alors…
MERCI Sup’ de Co’ La Rochelle pour ce partenariat riche et constructif, quasi historique. MerciChristelle qui gère la vie associative de la grande école.
MERCI Cœur de Gazelles pour cette Green Cup qui tatoue, chaque année, les âmes. MERCI àFred Valat qui, à l’extrême veille du Rallye Aïcha des Gazelles et des urgences à gérer de la caravane médicale qui arpentera bientôt les routes, s’est libéré pour être avec nous auprès des agriculteurs.
MERCI pour tout Studyrama. Notamment pour l’appui en communication qu’ils déploient chaque année autour du raid.
MERCI Milwaukee pour cette première et fructueuse année de partenariat, augurant d’un bel avenir.
MERCI Vrally pour son partenariat et grâce auquel la préparation des véhicules s’améliore considérablement.
MERCI GoodPlanet pour sa confiance et son engagement auprès du raid sur le sujet des émissions CO².
MERCI au partenaire média Ma Chaîne Etudiante.
Puis Rémi appelle l’équipe orga au complet et précise que, sans communication, sans mécanique, sans pilotes de presse, sans pointeurs, sans cadreurs, sans monteurs, sans photographe, sans interfaces locales, sans journaliste… l’équipe Maïenga serait orpheline sur un évènement de cette ampleur.



Chaque année, des équipages se distinguent par la manière paradoxale dont ils vivent et suivent le raid.
Alors, cette année, l’orga a concocté une série de surprises pour couronner ceux qui rythment les émois du poste de commandement de la course.
Les conquista d’or, en quelque sorte…
Il appelle donc Marine et Anne, de l’équipage 104.
Toujours en retard, toujours à flâner sur le terrain ou à savourer la cuisine locale chez les habitants, l’orga a passé son temps à les chercher mais elles ont toujours trouvé leur chemin. Un parti pris volontaire qui leur a fait passer un raid haut en enrichissements.



Le trophée sera donc un calendrier.
Puis il appelle Serge et Pierrick, de l’équipage 111, car Serge a inventé le concept novateur du short/santiags dans le désert l’an dernier et que Pierrick l’a suivi dans cette fashion voie so-chic cette année.
Le trophée est donc une paire de babouches. Pointues, cela va de soi.



Arrivent Geoffrey et Tony, de l’équipage 134, qui cumulent, à eux deux, un nombre incalculable de pépins mécaniques. Précisons qu’ils sont quand même dans les 10 premiers sur 47 équipages.
Le trophée est donc une perceuse visseuse miniature.



Enfin, c’est Quentin et Florian, équipage 138, qui sont appelés pour leur capacité fondamentale à gérer un lendemain de fête magistral.
Le trophée sera un lot de sac poubelles. No comment…



Une ambiance résolument nonchalante s’est installée durant cette digression qui a rappelé à tous de merveilleux souvenirs.
Même si, sur le moment, les situations évoquées ont suscité angoisse, colère, sentiment d’injustice face au destin, elles ont toutes été vécues avec courage et détermination aussi bien par les concurrents que par l’orga.
On peut maintenant passer au grand classement général officiel.
Et c’est par la catégorie mixte que Simon, qui a repris, commence.
Il fait monter chacun sur l’estrade, par décade dans le classement et cite chaque rang.
En effet, être à l’arrivée, c’est une victoire pour chacun.
Voilà maintenant le tour du triumvirat.
Les trois premiers sont :
Laurent Fourcher et Eric Gacon, équipage 121 sur Renault 4, avec 51 points



Stéphane de Wilde d’Estmael et Thibaut de Raikem, équipage 161 sur Peugeot 504, avec 56 points



Camille Maisonneuve et Samuel Gautier, équipage 135 sur Citroën 2CV, avec 60 points



Camille et Samuel remercient particulièrement l’orga et clament leur joie d’avoir participé.
Concentration et âpres discussions, parfois, ont donné ce magnifique classement.
Quant à Stéphane et Thibaut, nos deux belges dynamiques, ils dédient leur place à la solidarité générale et à l’amitié qui fait pousser des ailes. Pas très bavards, leur poignée de main est franche et sincère.
Laurent et Eric, eux, et bien c’est la force tranquille des acharnés qui, pour cette troisième participation, semblent presque trouver ça normal. Ils remercient fortement Ludo pour sa collaboration.
Bravo messieurs, vous avez assuré !
Chaque équipage brandit haut son trophée doré gravé des emblèmes du Raid Students Challenge.



Avant de passer à la catégorie étudiants, Simon rappelle les vainqueurs de la Green Cup,Matthieu Lambert et Florian Duc, équipage 108 dont le lot a été, je vous le rappelle, une nuit en hôtel à la place du bivouac lors de l’étape à l’auberge « les portes du désert » mais que vient compléter la plaque gravée.
Ils sont vivement salués mais s’esquivent avec modestie.



C’est maintenant le tour des gagnants de la catégorie étudiants.
Simon fait, de nouveau, monter chacun sur l’estrade, par décade dans le classement et cite chaque rang.
De nouveau, voilà le tour du triumvirat.
Sylvain Deschamps et Romain Blard, équipage 150 sur Renault 4, avec 97 points



Clémence Bensimon et Corentin Taponier, équipage 147 sur Morris 1100, avec 122 points



Valentine Plaettner et Marie José Micoud, équipage 117 sur Renault 5, avec 132 points



Sylvain, très angoissé, hier, au final, sur la prestation de son binôme, me lance, finalement, placide, « voilà, ça c’est fait ». Il n’en est pas à son coup d’essai sur le raid et Romain était déjà son alter égo l’an dernier. Leur objectif, cette année, était clair : gagner.
En effet, voilà, ça, c’est fait. Bravo les gars. En plus, vous êtes super sympas.
Romain remercie avec tendresse ses parents, Michèle et Pierre Jean qui, rappelez-vous, roulaient au volant de la Renault 30 et portant le numéro 130. Deux familles en tout, cette année, dans le raid. C’est aussi ça l’esprit.
Clémence et Corentin, eux aussi, remercient l’ensemble des raiders et saluent la grande solidarité inter-équipages. Ils me le confiaient déjà à Meknès, ils sont super fiers de leur quasi quinquagénaire voiture.
Quant à Valentine et Marie José, c’est un appel vocal au groupe qu’elles enclenchent illico en guise de commentaire et les murs tremblent de l’ovation obtenue. « Merci la solidarité » concluent elles.
La cérémonie va toucher à sa fin mais je garde pour ce moment ce que Sylvain a fortement souligné quand lui et Romain ont reçu leur trophée : « au Students Challenge, pas de casse, pas de coup foireux ».



Rémi adresse une pensée ardente à Alix Anastassiou et Arthur Roux Mollard, équipage 185, qui n’a pu faire route avec nous. Ils auraient tout aussi bien pu être sur le podium des vainqueurs, eux aussi.
C’est le générique de fin qui commence à apparaitre sur le grand écran du Students Challenge 2015.



En guise de message musical, ce sera un des plus gros tonnerres d’applaudissement que j’ai entendu.



Derrière les cloisons du temple romain que nous occupons, le déjeuner de gala attend déjà, paré de luxe et de finesse gastronomique marocaine, son assaut.



Rien ne finit jamais si on le veut vraiment.
Les souvenirs sont éternels.
La dernière séance sera une séquence du spectateur des plus hauts moments vidéo du raid.
Mais commence un autre scénario à grosse production où chacun à le premier rôle.
Celui du premier jour du reste de notre vie.

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